Des vues stéréoscopiques par millions

En une dizaine d’années, les sujets de la photographie stéréoscopique se démultiplient : monuments et paysages du monde entier, vie quotidienne, grands événements, personnages célèbres, scènes de batailles, scènes bibliques, vues érotiques ou encore pièces de théâtre. Les images produites permettent d’ouvrir une fenêtre sur le monde bien plus efficiente que les gravures sur bois des magazines illustrés.

  • Images stéréoscopiques Bruxelles Théâtre de la Monnaie Adolphe Braun
    Bruxelles théâtre de la Monnaie par Adolphe Braun, fonds Pujo, © CLEM Patrimoine / Stéréopôle

Grâce au stéréoscope "Mexicain"

Après la démocratisation du système grâce au stéréoscope élaboré par Oliver Wendell Holmes en 1861, les salons bourgeois puis la population toute entière trouvent dans les vues stéréoscopiques un moyen de se divertir et d’apprendre.

Images stéréoscopiques stéréoscope Holmes Mexicain

Stéréoscope de Holmes ca. 1895 (© CLEM Patrimoine)

Un loisir populaire

À la fin du XIXe siècle et jusque dans les années 30, les amateurs découvrent la pratique de la photographie stéréoscopique grâce la technique du négatif sur verre au gélatino bromure d’argent suivie des perfectionnements apportés par Charles Bennet et Louis Lumière quelques années après. Les plaques pratiquement prêtes à l’emploi simplifient considérablement les manipulations des photographes. Enfin, grâce à l’utilisation d’appareils photographiques simplifiés et peu coûteux de très nombreux clichés sont pris dans la sphère privée familiale. Parallèlement, l’industrie de la carte postale s’empare du procédé et édite de très nombreuses séries de cartes postales stéréoscopiques.

images stéréoscopiques plaques de verre Jougla
images stéréoscopiques stéréoscope de poche 1915

Publicité pour un stéréoscope de poche 1915 (© CLEM)

Cet engouement du public durera sans discontinuer jusqu’après la Seconde Guerre mondiale ; l’usage cessant brutalement, sans explication convaincante, au début des années 1950. Aujourd’hui, d’autres techniques, dont le procédé anaglyphe, permettent de se passer de stéréoscope et de percevoir les images stéréoscopiques en relief à l’aide de lunettes spéciales, sur tous types de supports.

Catherine Carponsin-Martin

Bibliographie :
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