L’image du mois #35 | Janvier

Pour faire suite à la Une du mois, l’image du mois de janvier est issue de la collection Gaye où sont réunies de nombreux clichés de Théodore Guitard du Marès, photographe amateur d’origine girondine et plus précisément de l’Entre-deux-Mers.

Pour en savoir plus sur ce photographe, direction le Stéréopôle, cliquez ici !

Nous sommes ici à Poitiers, au parc de Blossac, autour de 1900. Près du kiosque à musique se tiennent deux hommes, dont un à vélo. Lieu de promenade très apprécié des pictaviens, le parc est aménagé au 18e siècle, à l’emplacement d’une nécropole antique.

Cliquer sur la vue pour voir l’original et l’anaglyphe
Daniel Théodore Guitard du Marès
Portrait de Théodore Guitard du Marès

Voir également : Carponsin-Martin C. et Huguet J.-C. : « Daniel-Théodore Guitard du Marès, un pionnier bordelais méconnu de la photographie. » In L’Entre-deux-Mers et son identité, L’Entre-deux-Mers oriental. Actes du XVe colloque, Pessac-sur-Dordogne les 16, 17 et 18 octobre 2015. Bordeaux : CLEM, 2015, pp. 265-279

 

 

 

L’image du mois #34 | Décembre

Ce mois-ci, l’image du mois fait partie du calendrier de l’Avent que nous avons mis en place !

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Série Photographie et recherches stéréoscopiques et série Voyages

Venise, vue sur le canal, 1901, collection Duclot, white_1775

 

Aujourd’hui, nous vous faisons voyager à Venise en 1901, mais pas seulement pour la beauté du lieu.

Le 8 décembre est également la journée mondiale du climat. Aussi, afin d’évoquer l’impact du réchauffement climatique sur les espaces naturels et les sites, Venise est un très bon exemple.

La Cité des Doges se trouve être gravement menacée par l’impact de l’activité humaine. La montée des eaux, due à la fonte des banquises, amplifie un problème d’inondation déjà existant mais de plus en plus fréquent (les acque alte, marées hautes).

En outre, le tourisme de masse a entrainé de nombreuses conséquences néfastes qui amplifie ces phénomènes, en commençant par la pollution (des sols, de l’eau, de l’air, sonore, lumineuse, due aux hydrocarbures, etc.). Nous l’avons tous vu lors du confinement italien du printemps, une fois la ville vidée de l’activité humaine, la nature reprend ses droits.

La cité a toujours été un haut lieu culturel et touristique. Le développement d’un tourisme plus important s’est joué à partir du 19e siècle, comme nous l’a montré Christian Bernadat dans son article sur Venise à la Une du mois de mars, réalisé à partir de nos fonds : https://imagestereoscopiques.com/a-venise-au-cours-de-la-seconde-moitie-du-xixe-siecle/

Collection Duclot

 

Bibliographie :

https://www.geo.fr/voyage/ces-sites-que-nous-ne-pourrons-surement-plus-visiter-en-2100-198718

L’image du mois #33 | Novembre

Ce mois-ci, nous vous amenons en voyage dans les Pyrénées, à travers la série éditée en 1858 par Furne & Tournier, considérés aujourd’hui comme faisant partie des principaux producteurs et éditeurs français de cartes stéréoscopiques pendant l’âge d’or de la technique.  Ces deux cousins ont réalisé, en effet, près de 40 séries de vues stéréoscopiques entre 1857 et 1864 (soit environ 7000 photographies !).

Bagnères-de-Luchon, vue sur le lac d’Oô, 1858, collection Médiathèque intercommunale Pau-Pyrénées

72 photographies composent la série Voyage dans les Pyrénées déposée en novembre 1858 auprès du ministère de l’Intérieur pour autorisation (voir notre page Dépôt légal). C’est pourquoi, nous vous la présentons ce mois-ci !

Pendant leur périple, Charles-Paul Furne et Henri Tournier réalisent  26 photographies de Luchon et ses environs,  3 clichés du petit village de Cierp, une vue générale de Saint-Bertrand-de-Comminges, 18 vues de Bagnères-de-Bigorre, une photographie de l’église de Pierrefitte, deux vues de Barèges, dix clichés de Luz-Saint-Sauveur, deux vues d’Argelès et ses environs, deux photographies de Lourdes, trois de Bétharam, un cliché du vieux pont d’Orthez et enfin deux photographies du château de Pau.

Les vues de paysage ont en commun une mise en scène confrontant l’homme à l’immensité des paysages et à la nature encore sauvage, ainsi que de donner une idée de l’échelle. C’est le cas pour cette vue.

Chaussez vite vos lunettes bicolores pour profiter de la vue en relief !

 » Le Voyage dans les Pyrénées s’adresse à l’artiste et à l’homme du monde qui pour charmer ses ennuis autant que se guérir, a passé la saison d’été aux sources bienfaisantes de la montagne. Voici le lac Bleu, la cascade d’enfer, le pic du Midi, le cirque de Gavarni, mondains pèlerinages où l’on se rendait en joyeuse partie de plaisir ; et, pour rendre l’illusion complète, les guides eux-mêmes et les muletiers espagnols rencontrés au faîte de l’ascension. « 

H. de Nielles, Journal La photographie 30 novembre 1858.

En outre, cette vue stéréoscopique provient du fonds de la médiathèque de Pau-Pyrénées avec qui nous avions collaboré il y a quelques années pour créer une exposition virtuelle sur les Pyrénées en 3D, à retrouver ici en cliquant sur l’image suivante :

L’image du mois #32 | Octobre

L’image du mois d’octobre est destinée à vous parler des recherches pour identifier nos fonds.

Une fois que les vues stéréoscopiques sont numérisées et intégrées à la Stéréothèque, nous les indexons : localisation, description du contenu, identification des éditeurs, etc.

Certains lots sont directement publiés pour l’indexation collaborative, où nous faisons appel à vous.

Parfois, des vues sont plus obscures que d’autres et nous ne parvenons pas à identifier le lieu, le monument, l’événement ou la date. Ce sont les « indéterminées » et nous en publions désormais une grande partie dans la rubrique À vous de jouer !

Liverpool, William Brown Library and Museum, entre 1860 et 1880, Collection Magendie, MAG1466

C’est le cas de celle-ci. Pour l’anecdote, cela fait deux ans que nous ne parvenions pas à identifier le monument, somme toute assez classique dans son architecture, sans autres éléments déterminants. Devenue une plaisanterie récurrente entre nous, même nos indexeurs experts (oui, il y a de Superindexeurs, qui se reconnaîtront !) y avaient renoncé.

Quand c’est le cas, nous gardons le document en tête jusqu’à ce que la recherche avance, que de nouveaux fonds soient numérisés ou… que le hasard fasse bien les choses. Ce mois-ci, nous avons reçu de nouveaux documents de la part de notre collectionneur le plus important, Jacques Magendie (plus de 9000 stéréophotographies dont la moitié en ligne !). Parmi les couples stéréoscopiques se trouvait… le même bâtiment, par un autre éditeur, avec une légende ! Enfin !

Il s’agit de la bibliothèque et du musée William Brown de Liverpool. Le bâtiment est inauguré en 1860, ce qui nous permet de réduire l’échelle chronologique. La photographie étant ancienne, nous pouvons la dater de la fin du XIXe siècle.

Et voilà ! Pour nous, c’est comme une enquête  qui se résout enfin ! Affaire classée !

Nous avons d’autres exemples d’enquêtes de ce type, que nous vous présenterons bientôt !

L’image du mois #31 | Septembre

Les Journées européennes du patrimoine approchent ! Cette année, le thème « Patrimoine et éducation » vise à sensibiliser les jeunes générations.

La Une du mois de septembre portera sur ce sujet et en particulier sur les modifications, disparitions et restaurations autour des monuments historiques. Vous pourrez la retrouver dès le 15 septembre sur le Stéréopôle.

En attendant, voici une vue stéréoscopique présentant les travaux de la tour Saint-Jacques à Paris, vers 1853-1854.

Cette tour est en fait un clocher, seul vestige encore debout de l’ancienne église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, édifiée au XVIe siècle. Point de départ de la via Turonensis, elle fut détruite en 1797.

Paris, travaux de restauration de la tour Saint-Jacques, vers 1853-1854, collection Calvelo, CAL0163

La tour fut rachetée en 1836 par la ville de Paris à un entrepreneur qui y avait installé une fabrique de plombs de chasse. L’architecte Théodore Ballu la restaura complètement ; en 1858 les travaux sont achevés.

De nos jours, la tour peut être visitée de juin à novembre.

Collection Calvelo

L’image du mois #30 | Août

Ce mois-ci, nous franchissons numériquement les frontières pour nous rendre en Suisse, à travers le bel article écrit par Christian Bernadat pour la Une du Stéréopôle, Vacances en Suisse à la fin du XIXe siècle :

La grotte sous le glacier de l’Eiger, aux environs de Grindelwald (1858-1865), Collection Wiedemann, WIE208

Au milieu du XIXe siècle, une grotte était creusée sous le glacier supérieur de l’Eiger dans les environs de Grindelwald. Cette grotte devait être creusée à nouveau tous les ans. Cela constituait une attraction pour les visiteurs les plus aventureux. On pouvait encore la visiter en 1935.


Compte tenu du rétrécissement très important du glacier, il semble que cette attraction ne soit plus creusée régulièrement tous les ans, et, dans ce cas, à une altitude bien supérieure à la grotte que l’on creusait au XIXe siècle.

Bibliographie :

https://www.routard.com/forum_message/3931012/une_semaine_a_grindelwald_superbe_region_de_la_jungfrau_mais_aussi_lucerne_berne_glaciers_.htm


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9400505k/f10.image


Denis Pellerin, La photographie stéréoscopique sous le Second Empire : Bibliothèque nationale de France, 1995, 104.


Braun Adolphe, Catalogue de Adolphe Braun : photographe de S.M. l’Empereur des français à Dornach, Risler, impr. (Mulhouse), 1865, 14.

L’image du mois #29 | Juillet

Et si vous partiez découvrir les routes de France durant les vacances d’été ?

Pour le mois de juillet, nous vous proposons un petit voyage littéraire dans les Bouches-du-Rhône…

Vous l’aurez peut-être reconnu, il s’agit du moulin d’Alphonse Daudet ! Situé à Fontvieille dans les Alpilles, le moulin Saint-Pierre constitue déjà un site touristique dès l’Entre-deux-guerres, comme en témoigne cette vue. Il est d’ailleurs toujours possible de le visiter, bien que l’activité de meunerie ait cessé en 1914.

Les nouvelles de Daudet paraissent d’abord à partir de 1866 dans un journal parisien avant d’être éditées par Jules Hetzel en 1869.

L’automobile est une Citroën C6E conduite intérieure luxe ou familiale luxe, modèle 1929. Les vues CLL012, CLL030 et CLL034 montrent la même voiture. Nous sommes donc en présence de photos souvenirs de voyages d’une famille.

Version des Lettres de mon moulin en ligne sur Gallica

Collection Caillol

L’image du mois #28 | Juin

Depuis le 11 mai, les familles se réunissent et depuis le 2 juin, les terrasses et restaurants sont de nouveau accessibles !

Cette atmosphère de retrouvailles nous rappelle cette stéréophotographie du fonds Magendie : il y a un petit air de ressemblance avec ce restaurant alpin de Morzine, en 1947. Deux groupes sont réunis au grand air, ambiance conviviale au rendez-vous !

 

 

Morzine, portrait de famille, août 1947, fonds Magendie, Mag 2210

L’image du mois #27 | Mai

Victor Hugo, né en 1802 et mort en mai 1885, a beaucoup voyagé et notamment à Bordeaux en 1843.

Ce mois-ci, nous relions nos deux fonds iconographiques numérisés pour accompagner son texte sur la cathédrale Saint-André de Bordeaux.

La photographie stéréoscopique du chevet de Saint-André est la plus ancienne en notre possession. Prise par Jean Andrieu en 1863, la vue nous présente les abords de la cathédrale avant les grands travaux de transformation du quartier à la fin du Second Empire. Le percement de l’actuel cours Alsace-Lorraine, au sud de l’édifice, entraîne en 1864 la démolition de l’archevêché, puis en 1865 celle du cloître et des bâtiments situés à gauche sur cette vue.
Le dégagement de la cathédrale s’achève en 1868 avec la destruction des rues Victor, Sainte-Hélène, Saint-André (bâtiments situés à droite sur cette vue). La place Pey-Berland revêt alors son aspect actuel.

Jean Andrieu, Cathédrale Saint-André de Bordeaux, 1863, collection Magendie

Quant aux deux œuvres de Léo Drouyn l’une est une gravure publiée dans le Magasin Pittoresque, l’autre est le tableau conservé au Musée d’Aquitaine. Connu pour son implication dans la protection des monuments historiques, Léo Drouyn s’est notamment illustré dans son combat contre la destruction du cloître de Saint-André de Bordeaux. Nous aurons l’occasion de vous en dire plus dans un prochain article.

Revenons-en à Victor Hugo !   Dans Voyage de Bordeaux à Gavarnie, il  rapporte :

Bordeaux, 20 juillet.

On loue Bordeaux comme on loue la rue de Rivoli : régularité, symétrie, grandes façades blanches et toutes pareilles les unes aux autres, etc. ; ce qui pour l’homme de sens veut dire architecture insipide, ville ennuyeuse à voir. Or, pour Bordeaux, rien n’est moins exact.

Bordeaux est une ville curieuse, originale, peut-être unique. Prenez Versailles et mêlez-y Anvers, vous avez Bordeaux.

(…)

Il y a deux Bordeaux, le nouveau et l’ancien.

(…)

Ces fontaines, ces colonnes rostrales, ces vastes allées si bien plantées, cette place Royale qui est tout simplement la moitié de la place Vendôme posée au bord de l’eau, ce pont d’un demi-quart de lieue, ce quai superbe, ces larges rues, ce théâtre énorme et monumental, voilà des choses que n’efface aucune des splendeurs de Versailles, et qui dans Versailles même entoureraient dignement le grand château qui a logé le grand siècle.

Ces carrefours inextricables, ces labyrinthes de passages et de bâtisses, cette rue des Loups qui rappelle le temps où les loups venaient dévorer les enfants dans l’intérieur de la ville, ces maisons-forteresses jadis hantées par les démons d’une façon si incommode qu’un arrêt du Parlement déclara en 1596 qu’il suffisait qu’un logis fût fréquenté par le diable pour que le bail en fût résilié de plein droit, ces façades couleur amadou sculptées par le fin ciseau de la renaissance, ces portails et ces escaliers ornés de balustres et de piliers tors peints en bleu à la mode flamande, cette charmante et délicate porte de Caillau bâtie en mémoire de la bataille de Fornoue, cette autre belle porte de l’hôtel de ville qui laisse voir son beffroi si fièrement suspendu sous une arcade à jour, ces tronçons informes du lugubre fort du Hâ, ces vieilles églises, Saint-André avec ses deux flèches, Saint-Seurin dont les chanoines gourmands vendirent la ville de Langon pour douze lamproies par an, Sainte-Croix qui a été brûlée par les normands, Saint-Michel qui a été brûlé par le tonnerre, tout cet amas de vieux porches, de vieux pignons et de vieux toits, ces souvenirs qui sont des monuments, ces édifices qui sont des dates, seraient dignes, certes, de se mirer dans l’Escaut comme ils se mirent dans la Gironde, et de se grouper parmi les masures flamandes les plus fantasques autour de la cathédrale d’Anvers.

Ajoutez à cela, mon ami, la magnifique Gironde encombrée de navires. un doux horizon de collines vertes, un beau ciel, un chaud soleil, et vous aimerez Bordeaux, même vous qui ne buvez que de l’eau et qui ne regardez pas les jolies filles.

(…)

Je l’ai dit ailleurs, respectons les édifices et les livres ; là seulement le passé est vivant ; partout ailleurs il est mort. Or, le passé est une partie de nous-mêmes, la plus essentielle peut-être. Tout le flot qui nous porte, toute la sève qui nous vivifie nous vient du passé. Qu’est-ce qu’un arbre sans sa racine ? Qu’est-ce qu’un fleuve sans sa source ? Qu’est-ce qu’un peuple sans son passé ?

25 juillet.

Le pont de Bordeaux est la coquetterie de la ville. Il y a toujours sur le pont quatre hommes occupés à rejointoyer le pavé et à fourbir le trottoir. En revanche, les églises sont fort tristement délabrées.

Pourtant n’est-il pas vrai que tout dans une église mérite religion, jusqu’aux pierres ? C’est ce qu’oublient volontiers les prêtres, qui sont les premiers démolisseurs.

Les deux principales églises de Bordeaux, Saint-André et Saint-Michel, ont au lieu de clochers des campaniles isolés de l’édifice principal comme à Venise et à Pise.

Léo Drouyn, Clocher de Pey-Berland, Magasin Pittoresque, 1844

Le campanile de Saint-André, qui est la cathédrale, est une assez belle tour dont la forme rappelle la tour de Beurre de Rouen et qu’on nomme le Peyberland, du nom de l’archevêque Pierre Berland, lequel vivait en 1430. La cathédrale a en outre les deux flèches hardies et percées à jour dont je vous ai déjà parlé. L’église, commencée au onzième siècle, comme l’attestent les piliers romans de la nef, a été laissée là pendant trois siècles, pour être reprise sous Charles VII et terminée sous Charles VIII. La ravissante époque de Louis XII y a mis la dernière main et a construit, à l’extrémité opposée à l’abside, un porche exquis qui supporte les orgues. Les deux grands bas-reliefs appliqués à la muraille sous ce porche sont deux tableaux de pierre du plus beau style, et on pourrait presque dire, tant le modelé en est puissant, de la plus magnifique couleur. Dans le tableau de gauche l’aigle et le lion adorent le Christ avec un regard profond et intelligent, comme il convient que les génies adorent Dieu.

Le portail, quoique simplement latéral, est d’une grande beauté ; mais j’ai hâte de vous parler d’un vieux cloître en ruine qui accoste la cathédrale au midi et où je suis entré par hasard.

Rien n’est plus triste et plus charmant, plus imposant et plus abject. Figurez-vous cela. De sombres galeries percées d’ogives à fenestrages flamboyants ; un treillis de bois sur ces ogives ; le cloître transformé en hangar, toutes les dalles dépavées, la poussière et les toiles d’araignées partout ; des latrines dans une cour voisine ; des lampadaires de cuivre rouillé, des croix noires, des sabliers d’argent, toute la défroque des corbillards et des croque-morts dans les coins obscurs ; et, sous ces faux cénotaphes de bois et de toile peinte, de vrais tombeaux qu’on entrevoit avec leurs sévères statues trop bien couchées pour qu’elles puissent se relever et trop bien endormies pour qu’elles puissent se réveiller. N’est-ce pas scandaleux ? Ne faut-il pas accuser le prêtre de la dégradation de l’église et de la profanation des tombeaux ? Quant à moi, si j’avais à tracer aux prêtres leur devoir, je le ferais en deux mots : Pitié pour les vivants, piété pour les morts.

Au milieu, entre les quatre galeries du cloître, les débris et les décombres obstruent un petit coin, jadis cimetière, où les hautes herbes, le jasmin sauvage, les ronces et les broussailles croissent, et se mêlent, on pourrait presque dire, avec une joie inexprimable. C’est la végétation qui saisit l’édifice ; c’est l’œuvre de Dieu qui l’emporte sur l’œuvre de l’homme.

(…)

D’ailleurs, c’est la destinée. Les moines s’en vont avant les prêtres, et les cloîtres s’écroulent avant les églises.

De Saint-André, je suis allé à Saint-Michel… — Mais on m’appelle, la voiture de Bayonne va partir, je vous dirai la prochaine fois ce qui m’est arrivé dans cette visite à Saint-Michel.

Léo Drouyn, Dégagement du cloître de la cathédrale, 1865, Bordeaux, Musée d’Aquitaine

L’image du mois #26 | Avril

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale des trains à vapeur !

Nous en profitons donc pour vous présenter cette vue qui… sort de l’ordinaire stéréoscopique !

Nous sommes à Montparnasse, octobre 1895. Le 22, le train Granville-Paris traverse la gare… sans s’arrêter. La locomotive ne parvient pas à freiner et défonce la façade de la gare de l’ouest, s’échouant sur la place de Rennes en détruisant la station de tramway située devant la gare ainsi que le kiosque d’une marchande de fleurs, unique victime de la catastrophe.

Le train Granville-Paris, 1895, collection Dupin, DUP0266

Le train reste en place durant 5 jours, permettant à de nombreux photographes de venir immortaliser l’accident.

Cette vue est issue du fonds Dupin, collection riche en photographies parisiennes que nous mettrons à l’honneur très bientôt !

Pour en savoir plus sur cet événement :

Une du Petit Journal Supplément du Dimanche, 3 novembre 1895 – source : RetroNews-BnFVoir la presse sur RetroNews (cliquer sur l’image)

Article de Wilfried Muller sur Gallica